Un centre britannique de recherche sur les changements climatiques vient de mettre en valeur un phénomène encore peu pris en compte.
La Chine, on le sait, est devenu en 2007 le premier pays émetteur de CO2. Elle a dépassé les Etats-Unis au moins deux ans plus tôt qu'on ne l'attendait. Ceci amène à la considérer comme le premier contributeur au réchauffement de la planète.
Cette augmentation rapide des émissions est principalement due à l'entrée en activité de nombreuses centrales au charbon destinées à alimenter une croissance économique d'environ 9% par an en moyenne depuis 20 ans.
Mais 34% de la production chinoise est destinée à l'exportation, pour l'essentiel en direction des pays développés. Son bilan importations-exportations fera probablement apparaître en 2007 un excédent de l'ordre de 200 milliards de dollars. C'est dire qu'une partie significative des émissions chinoises de CO2 est en fait destinée à alimenter le marché européen et nord-américain en produits manufacturés bon marché. Entre autres exemples, le marché britannique, à lui seul, a absorbé à Noël environ 50.000 tonnes de jouets fabriqués en Chine.
Pour 2004, la dernière année où l'on dispose de statistiques détaillées, l'on peut estimer à un milliard de tonnes de CO2 l'excédent d'émissions chinoises dû à ses exportations nettes. C'est presque l'équivalent des émissions totales du Japon au cours de la même année, et près du triple des émissions françaises.
Quel est l'intérêt de cette approche? d'abord d'ouvrir la réflexion sur la part prise par chaque pays dans les émissions mondiales de CO2 : pour bien prendre en compte la responsabilité de chacun, cette part pourrait intégrer le bilan, positif ou négatif, de son commerce extérieur, et être ainsi calculée sur la consommation totale de biens par sa population, pas uniquement sur sa production.
Ce qui amène au raisonnement suivant. Les pays à économie avancée absorbent de plus en plus de produits importés du monde en développement, dont les fabrications sont économes en coût de main-d'oeuvre mais gourmandes en énergie. Ceci pèse sur leur marché du travail, mais profite aux consommateurs. Ils devraient donc non seulement engager plus fermement les pays en développement à améliorer les conditions de travail et de protection sociale de leur population, mais aussi les aider plus activement à mettre en valeur des sources d'énergie de plus en plus économes en CO2.
Affichage des articles dont le libellé est CO2. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est CO2. Afficher tous les articles
mardi 15 janvier 2008
mardi 8 janvier 2008
le Monde dans le miroir des chiffres du PNUD (3/3)
... et voici le troisième et dernier volet de notre promenade éducative dans les statistiques du PNUD.
Emissions d'oxyde de carbone
Remercions les pays du bas de tableau en matière de développement humain de leur faible taux d'émission d'oxyde de carbone par habitant : moins d'une tonne par an et habitant pour Samoa (77ème place), le Paraguay (95ème place), la Géorgie (96), le Sri Lanka (99), les Territoires palestiniens occupés (106ème place, 0,2 tonne par habitant...), le Turkménistan (109ème et 0,1 tonne par habitant), le Nicaragua (110ème, 0,7 tonne) et tout à fait en queue de tableau, nos habituels amis d'Afrique.
La France, elle, a émis 6 tonnes par habitant en 2004, plus que la Suède (5,9 tonnes), le Portugal (5,6) et la Suisse (5,4), moins que l'Allemagne, le Royaume-Uni (9,8 tonnes), et Israël (10,4), beaucoup moins que l'Australie (16,2 tonnes), le Canada (20 tonnes) et les Etats-Unis (20,6)... sans oublier le Koweit (37,4 tonnes),) les Emirats Arabes Unis (34,3 tonnes), et surtout le Qatar (79,3 tonnes!).
L'indicateur sexospécifique de développement
Il met en valeur l'écart hommes/femmes en matière d'espérance de vie, d'alphabétisation, de revenus du travail. L'intéressant ici est le différentiel de rang dans ce tableau au regard du classement général en matière de développement humain. Plus le différentiel est positif, moins les femmes sont discriminées, du moins au regard du niveau général de développement du pays, plus il est négatif, plus les femmes sont relativement maltraitées, ou moins favorisées.
Parmi les pays avancés, l'Irlande marque notamment un écart significatif, de -10, pas très loin de celui de la Libye (-9), d'Oman et de l'Arabie Saoudite (-13). Pour le reste, à part Bélize (+21!), les écarts sont plutôt faibles : +3 pour la France, les Pays-Bas et la Finlande, -5 pour le Japon et les Etats-Unis. Ce qui tend à démontrer que la marche vers l'égalité des femmes va à peu près au même rythme que le développement en général.
Sexospécificité en matière de travail et d'allocation du temps
Devinette : dans quels pays les hommes travaillent plus que les femmes, en moyenne annuelle, toutes activités confondues, à la maison comme à l'extérieur? la liste est vite faite : la Suède, la Norvège et les Pays-Bas, plus le Nicaragua et Madagascar, mais seulement en zone rurale. En France, les chiffres sont de respectivement 7,1 heures (femmes) et 6,25 heures (hommes) par jour. Et les seuls pays (en tous les cas les pays recensés) où l'écart journalier dépasse 1h30 entre hommes (pour le bas) et femmes (pour le haut) sont le Portugal et le Bénin...
Participation des femmes à la politique
Dans les pays développés, nous connaissons à peu près leur place. Saluons les pays en voie de développement où elles occupent en 2007 une place significative dans les assemblées nationales : 48,8% au Rwanda, 34,8% au Mozambique, 30,5% au Burundi, 30,4% en Tanzanie, 29,8% en Ouganda, 32,8% en Afrique du Sud, 29% en Guyana, 29,2% au Pérou, 38,6% au Costa-Rica, 35% en Argentine... sans oublier quand même les 31,6% de l'Allemagne, les 34,7% de la Belgique, les 32,2% de l'Autriche, les 36% de l'Espagne...
le tout à rapporter aux 18% de femmes dans notre Assemblée nationale sortie des urnes en 2007! Nous sommes à peu près dans la même catégorie que l'Italie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, un peu devant Israël (14,2%), l'Irlande (13,3%) et la Grèce (13%), et quand même loin devant le Japon avec ses 9,4%...
Côté monde arabo-musulman, ce n'est vraiment pas brillant. Les pourcentages sont plus bas encore, avec une exception pour la Tunisie (22,8%). Le Pakistan affiche aussi un score remarquable pour le monde musulman avec (21,2%), faisant nettement mieux que l'Inde, son voisin (8%), et légèrement mieux que la Chine (20%).
C'est fini, à bientôt!
Emissions d'oxyde de carbone
Remercions les pays du bas de tableau en matière de développement humain de leur faible taux d'émission d'oxyde de carbone par habitant : moins d'une tonne par an et habitant pour Samoa (77ème place), le Paraguay (95ème place), la Géorgie (96), le Sri Lanka (99), les Territoires palestiniens occupés (106ème place, 0,2 tonne par habitant...), le Turkménistan (109ème et 0,1 tonne par habitant), le Nicaragua (110ème, 0,7 tonne) et tout à fait en queue de tableau, nos habituels amis d'Afrique.
La France, elle, a émis 6 tonnes par habitant en 2004, plus que la Suède (5,9 tonnes), le Portugal (5,6) et la Suisse (5,4), moins que l'Allemagne, le Royaume-Uni (9,8 tonnes), et Israël (10,4), beaucoup moins que l'Australie (16,2 tonnes), le Canada (20 tonnes) et les Etats-Unis (20,6)... sans oublier le Koweit (37,4 tonnes),) les Emirats Arabes Unis (34,3 tonnes), et surtout le Qatar (79,3 tonnes!).
L'indicateur sexospécifique de développement
Il met en valeur l'écart hommes/femmes en matière d'espérance de vie, d'alphabétisation, de revenus du travail. L'intéressant ici est le différentiel de rang dans ce tableau au regard du classement général en matière de développement humain. Plus le différentiel est positif, moins les femmes sont discriminées, du moins au regard du niveau général de développement du pays, plus il est négatif, plus les femmes sont relativement maltraitées, ou moins favorisées.
Parmi les pays avancés, l'Irlande marque notamment un écart significatif, de -10, pas très loin de celui de la Libye (-9), d'Oman et de l'Arabie Saoudite (-13). Pour le reste, à part Bélize (+21!), les écarts sont plutôt faibles : +3 pour la France, les Pays-Bas et la Finlande, -5 pour le Japon et les Etats-Unis. Ce qui tend à démontrer que la marche vers l'égalité des femmes va à peu près au même rythme que le développement en général.
Sexospécificité en matière de travail et d'allocation du temps
Devinette : dans quels pays les hommes travaillent plus que les femmes, en moyenne annuelle, toutes activités confondues, à la maison comme à l'extérieur? la liste est vite faite : la Suède, la Norvège et les Pays-Bas, plus le Nicaragua et Madagascar, mais seulement en zone rurale. En France, les chiffres sont de respectivement 7,1 heures (femmes) et 6,25 heures (hommes) par jour. Et les seuls pays (en tous les cas les pays recensés) où l'écart journalier dépasse 1h30 entre hommes (pour le bas) et femmes (pour le haut) sont le Portugal et le Bénin...
Participation des femmes à la politique
Dans les pays développés, nous connaissons à peu près leur place. Saluons les pays en voie de développement où elles occupent en 2007 une place significative dans les assemblées nationales : 48,8% au Rwanda, 34,8% au Mozambique, 30,5% au Burundi, 30,4% en Tanzanie, 29,8% en Ouganda, 32,8% en Afrique du Sud, 29% en Guyana, 29,2% au Pérou, 38,6% au Costa-Rica, 35% en Argentine... sans oublier quand même les 31,6% de l'Allemagne, les 34,7% de la Belgique, les 32,2% de l'Autriche, les 36% de l'Espagne...
le tout à rapporter aux 18% de femmes dans notre Assemblée nationale sortie des urnes en 2007! Nous sommes à peu près dans la même catégorie que l'Italie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, un peu devant Israël (14,2%), l'Irlande (13,3%) et la Grèce (13%), et quand même loin devant le Japon avec ses 9,4%...
Côté monde arabo-musulman, ce n'est vraiment pas brillant. Les pourcentages sont plus bas encore, avec une exception pour la Tunisie (22,8%). Le Pakistan affiche aussi un score remarquable pour le monde musulman avec (21,2%), faisant nettement mieux que l'Inde, son voisin (8%), et légèrement mieux que la Chine (20%).
C'est fini, à bientôt!
Libellés :
CO2,
développement,
femmes,
PNUD
Inscription à :
Articles (Atom)