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mardi 8 janvier 2008

le Monde dans le miroir des chiffres du PNUD (3/3)

... et voici le troisième et dernier volet de notre promenade éducative dans les statistiques du PNUD.

Emissions d'oxyde de carbone

Remercions les pays du bas de tableau en matière de développement humain de leur faible taux d'émission d'oxyde de carbone par habitant : moins d'une tonne par an et habitant pour Samoa (77ème place), le Paraguay (95ème place), la Géorgie (96), le Sri Lanka (99), les Territoires palestiniens occupés (106ème place, 0,2 tonne par habitant...), le Turkménistan (109ème et 0,1 tonne par habitant), le Nicaragua (110ème, 0,7 tonne) et tout à fait en queue de tableau, nos habituels amis d'Afrique.

La France, elle, a émis 6 tonnes par habitant en 2004, plus que la Suède (5,9 tonnes), le Portugal (5,6) et la Suisse (5,4), moins que l'Allemagne, le Royaume-Uni (9,8 tonnes), et Israël (10,4), beaucoup moins que l'Australie (16,2 tonnes), le Canada (20 tonnes) et les Etats-Unis (20,6)... sans oublier le Koweit (37,4 tonnes),) les Emirats Arabes Unis (34,3 tonnes), et surtout le Qatar (79,3 tonnes!).

L'indicateur sexospécifique de développement

Il met en valeur l'écart hommes/femmes en matière d'espérance de vie, d'alphabétisation, de revenus du travail. L'intéressant ici est le différentiel de rang dans ce tableau au regard du classement général en matière de développement humain. Plus le différentiel est positif, moins les femmes sont discriminées, du moins au regard du niveau général de développement du pays, plus il est négatif, plus les femmes sont relativement maltraitées, ou moins favorisées.

Parmi les pays avancés, l'Irlande marque notamment un écart significatif, de -10, pas très loin de celui de la Libye (-9), d'Oman et de l'Arabie Saoudite (-13). Pour le reste, à part Bélize (+21!), les écarts sont plutôt faibles : +3 pour la France, les Pays-Bas et la Finlande, -5 pour le Japon et les Etats-Unis. Ce qui tend à démontrer que la marche vers l'égalité des femmes va à peu près au même rythme que le développement en général.

Sexospécificité en matière de travail et d'allocation du temps

Devinette : dans quels pays les hommes travaillent plus que les femmes, en moyenne annuelle, toutes activités confondues, à la maison comme à l'extérieur? la liste est vite faite : la Suède, la Norvège et les Pays-Bas, plus le Nicaragua et Madagascar, mais seulement en zone rurale. En France, les chiffres sont de respectivement 7,1 heures (femmes) et 6,25 heures (hommes) par jour. Et les seuls pays (en tous les cas les pays recensés) où l'écart journalier dépasse 1h30 entre hommes (pour le bas) et femmes (pour le haut) sont le Portugal et le Bénin...

Participation des femmes à la politique

Dans les pays développés, nous connaissons à peu près leur place. Saluons les pays en voie de développement où elles occupent en 2007 une place significative dans les assemblées nationales : 48,8% au Rwanda, 34,8% au Mozambique, 30,5% au Burundi, 30,4% en Tanzanie, 29,8% en Ouganda, 32,8% en Afrique du Sud, 29% en Guyana, 29,2% au Pérou, 38,6% au Costa-Rica, 35% en Argentine... sans oublier quand même les 31,6% de l'Allemagne, les 34,7% de la Belgique, les 32,2% de l'Autriche, les 36% de l'Espagne...

le tout à rapporter aux 18% de femmes dans notre Assemblée nationale sortie des urnes en 2007! Nous sommes à peu près dans la même catégorie que l'Italie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, un peu devant Israël (14,2%), l'Irlande (13,3%) et la Grèce (13%), et quand même loin devant le Japon avec ses 9,4%...

Côté monde arabo-musulman, ce n'est vraiment pas brillant. Les pourcentages sont plus bas encore, avec une exception pour la Tunisie (22,8%). Le Pakistan affiche aussi un score remarquable pour le monde musulman avec (21,2%), faisant nettement mieux que l'Inde, son voisin (8%), et légèrement mieux que la Chine (20%).

C'est fini, à bientôt!


samedi 5 janvier 2008

Le Monde dans le miroir des chiffres du PNUD (2/3)

Deuxième promenade instructive dans les statistiques du Programme des Nations Unies pour le développement...

Taux de fertilité par femme

Le taux le plus faible se trouve à Hong-Kong (0,9 enfant). Les taux inférieurs à 1,5 enfant par femme se trouvent en Belarus, Lettonie, Slovaquie, République tchèque, Slovénie, Corée du Sud ( pour tous ces pays 1,2 enfant), en Espagne, Italie, Allemagne, Grèce, Hongrie, Pologne, Croatie, Roumanie, Bulgarie, Russie, Bosnie-Herzégovine et Arménie (1,3), en Suisse, Autriche, Singapour et Estonie (1,4).

L'on sait que la France se situe à 1,9 enfant par femme. Ce chiffre était de 2,3 dans la période 1970-1975. Les Etats-Unis se situent à 2 enfants par femme, Israël est le seul des vingt-cinq premiers pays "à développement humain élevé", selon la terminologie du PNUD, à dépasser les 2 enfants par femme, et même à frôler les 3 enfants (2,9). Il était à 3,8 dans la période 1970-1975.

A noter que les taux très élevés (au-dessus de 5 enfants par femme) apparaissent à partir de la 106ème place (sur 177) du classement par l'indice de développement humain, avec les Territoires palestiniens occupés (5, 6). Ils en étaient à 7,7 dans la période 1970-1975. Les taux supérieurs à 6,5 se trouvent en Ouganda (6,7), en Angola (6,8), au Burundi (6,8), en République démocratique du Congo (6,7), au Mali (6,7), au Niger (7,4) et en Guinée-Bissau (7,1). Sauf au Burundi et au Congo démocratique, l'on note une légère décrue sur la période 2000-2005 par rapport à la période 1970-1975.

L'on peut aussi relever les taux médians de pays affichant naguère des taux de fécondité élevés : notamment la Chine (1,7 contre 4,9 dans la période 1970-1975), l'Inde (3,2 contre 5,3), le Bangladesh (3,2 contre 6,2), l'Indonésie (2,4 contre 5,3), l'Iran (2,1 contre 6,4), le Mexique (2,4 contre 6,5), le Brésil (2,3 contre 4,7) et, parmi les pays proches de nous, le Maroc (2,5 contre 6,9), la Tunisie (2 contre 6,2), et l'Algérie (2,5 contre 7,4).

taux de mortalité maternelle à la naissance

La sécheresse des chiffres révèle de tragiques disparités, d'un décès pour 100.000 naissances en Irlande à 2.100 décès en Sierra-Leone, tout juste précédée par le Niger avec 1.800 décès. Entre ces deux extrêmes, la France compte 8 décès, et les Etats-Unis 12. La barre des 20 est franchie par l'Uruguay, celle des 60 par le Mexique, celle des 100 par la Tunisie. Le Brésil, la Thaïlande et l'Equateur sont tous deux à 110. La Namibie atteint 210, le Pakistan franchit la barrre des 300, le Gabon celle des 500. Le Sénégal frôle les 1.000, le Nigéria, le Malawi, le Burundi, la République démocratique du Congo, la Guinée-Bissau atteignent les 1.100.

taux de scolarisation dans le primaire

Les progrès sont très sensibles dans les quinze dernières années. Seuls subsistent aujourd'hui en dessous de la barre des 60% le Soudan, Djibouti, l'Erythrée, la Côte-d'Ivoire, le Mali, le Niger, la Guinée-Bissau, le Burkina Fasso. Mais il est vrai que les statistiques restent muettes pour un nombre non négligeable de pays d'Afrique.

personnes incarcérées par 100.000 habitants

Le champion du monde est de très loin les Etats-Unis, avec 738 détenus pour 100.000 habitants. Le vice-champion est le Rwanda (691), mais dont on connaît les circonstances particulières, la médaille de bronze revient à la Russie (611). Pas très loin, l'on trouve le Turkménistan (489) et Cuba (487). La France, avec 85 détenus pour 100.000 habitants, forme un petit groupe de fin de peloton avec la Suède (82), la Suisse (83), Malte(86), l'Egypte (87), la Bolivie (83)...

Suite et fin de cette promenade dans quelques jours, avec les statistiques d'émission d'oxyde de carbone, et plusieurs indices de "sexospécificité", selon le jargon du PNUD : c'est-à-dire mettant en valeur les différences de traitement entre hommes et femmes en un certain nombre de situations.

mercredi 2 janvier 2008

le Monde dans le miroir des statistiques du PNUD (1/3)

Bonne année 2008 à toutes et tous! Bonne chance à tous vos projets!

Pour mettre nos idées en place en ce début d'année, je vous propose une saine lecture. Ce sont des extraits des statistiques du rapport sur le développement humain que publie chaque année le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Leur intérêt est de présenter des classements pays par pays allant au-delà du critère purement quantitatif des niveaux de vie, pour cerner une autre réalité, celle de la qualité de vie et de l'épanouissement collectif et personnel. Cela nourrira trois bons articles.

indice de développement humain

Le premier tableau offre donc un classements de 177 pays selon l'indice de développement humain, qui combine trois indicateurs : espérance de vie, éducation et PIB par habitant.

Dans ce tableau, Islande, Norvège et Australie occupent le podium, la France est 10ème, les Etats-Unis 12ème, l'Allemagne, plombée par l'ancienne Allemagne de l'est, est 22ème, derrière l'Italie et juste devant Israël et la Grèce.

Sans grande surprise, les derniers Européens sont la Roumanie (60ème rang), le Belarus (64), la Bosnie-Herzégovine (66), la Russie (67), l'Albanie (68), la Macédoine (69) et la Turquie(84).

Les dernières places sont occupées par l'Afrique, notamment l'Afrique de l'Ouest : Tchad, République centrafricaine, Mozambique, Mali, Niger, Guinée-Bissau, Burkina Faso, Sierra Leone.

Plus intéressant encore est le différentiel entre classements par indice de développement humain et par PIB par habitant. En effet, plus ce différentiel est positif, mieux le pays a su tirer parti de ses ressources économiques pour l'éducation et la santé de sa population. S'il est au contraire négatif, c'est un signe d'affectation défectueuse de la ressource.

A ce palmarès, l'Australie affiche +13, le Japon +9, la France +8, l'Espagne +11, l'Allemagne et la Belgique -2, le Royaume-Uni -5, les Etats-Unis -10.

Parmi les différentiels positifs les plus spectaculaires, l'on trouve Cuba (+43), hommage à son niveau sanitaire et d'éducation, et un certain nombre de pays de l'ancien bloc soviétique, tirés eux aussi vers le haut par le niveau très élevé de scolarisation hérité de l'ancien temps : Tadjikistan (+32), Kirgizistan (+29), Ouzbékistan et Moldova (+25)...

Les différentiels négatifs les plus spectaculaires se trouvent en Afrique du Sud (-65), signe d'une société encore profondément duale, et aussi dans beaucoup, sans doute trop, de pays qui nous sont proches : Gabon (-35), Tunisie (-23, à égalité avec l'Iran), Algérie (-22), Maroc (-8), Guinée (-30), Tchad, Côte-d'Ivoire, Burkina-Fasso (-17).

Indice de pauvreté humaine

Il intègre des facteurs tels que l'analphabétisme, la probabilité de mourir avant 40 ans, le non-accès à de l'eau de qualité, l'insuffisance pondérale des enfants, la position en dessous du seuil de pauvreté monétaire, ceci dans les pays les plus pauvres. Dans les pays développés il intègre la probabilité de mourir avant 60 ans, l'analphabétisme fonctionnel, le pourcentage de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté monétaire, le chômage de longue durée. Cet indice met donc en valeur les exclusions de populations à l'intérieur d'un même pays.

Dans le classement par ordre inversé de pauvreté humaine, Suède, Norvège et Pays-Bas arrivent en tête, l'Allemagne occupe la 6ème place, la France la 11ème, le Royaume-Uni la 16ème, les Etats-Unis la 17ème, l'Irlande la 18ème, l'Italie la 19ème.

Dans le groupe des pays en développement, le trio de tête (celui, donc, où les exclusions sont les moins fortes) est formé de la Barbade, de l'Uruguay et du Chili. Puis viennent l'Argentine, le Costa-Rica, Cuba, Singapour et Sainte-Lucie. Les Territoires palestiniens occupés se retrouvent à la 9ème place. L'on est heureusement surpris de voir ensuite arriver le Mexique et la Jordanie. La Chine occupe la 29ème place juste devant l'Iran, mais encore assez loin devant nos amis la Tunisie (45ème place), l'Algérie (51ème), et le Maroc (68ème). En queue de peloton, l'on trouve sans surprise la Guinée, le Niger, l'Éthiopie, le Burkina Faso, le Mali et le Tchad.

Dans le prochain article : le taux de fertilité par femme, la mortalité maternelle à la naissance, la scolarisation dans le primaire, le nombre de détenus par 100.000 habitants.

A bientôt!