samedi 13 octobre 2007

Nicolas aime les petits pois

Avez-vous remarqué l'intérêt de notre Président pour les petits pois? Il y a quelque temps, il qualifiait ainsi de hauts magistrats. Plus récemment, c'est à des petits pois, tous semblables, tous bien calibrés, qu'il comparait les fonctionnaires. Et en une autre occasion, il invitait les parlementaires de sa majorité à ne pas leur ressembler.

Dans le langage politique , les images de ce genre ne sont pas innocentes. Par exemple, un seuil symbolique est franchi lorsque l'on traite ses adversaires de noms d'animaux. Ceci implique qu'on peut les éliminer sans état d'âme. C'est ainsi vrai des rats, des cloportes, des moucherons. L’on se souvient des hyènes capitalistes et des vipères lubriques de la grande époque de l’Union soviétique. Ceux qui ont connu la guerre d'Algérie ont en mémoire les communiqués de fins d'opération donnant le nombre de « rebelles abattus ». On exécute, on tue des humains, on abat les animaux, dans des abattoirs. C’était nier aux gens d’en face la qualité d’homme.

Mitterrand, une fois, a traité des gens de chiens, après la mort de Pierre Bérégovoy, qu’il imputait aux journalistes. Sans doute était-ce voulu, mais l’émotion a été considérable.

On a aussi les « mort aux vaches ! ». Mais là, c’est moins méchant. Sans doute parce que l'expression ne vient pas de l’animal, même si tout le monde l’a oublié, mais du mot allemand « die Wache », la garde.

Encore plus bas que les animaux, il y a les choses : roulure, traînée, paillasse, boudin et j’en passe. Là, ce sont plutôt, qui sait pourquoi, les femmes qui trinquent. A côté de ces qualificatifs, celui de souris est presque affectueux. Il y a aussi les numéros, les matricules qui réduisent les êtres humains à des chiffres dans une colonne.

Et il y a maintenant les petits pois : minuscules, insipides, asexués, uniformes dans leur taille et leur couleur, indiscernables les uns des autres, qu’on avale ou qu’on écrase d’un coup de fourchette. Voilà le peuple des petits pois. J’en suis, vous en êtes. Que l’œil du Président se pose sur nous, et l’on se dit qu’il va peut-être nous gober sans penser à mal. 60 millions de petits pois, pardon 60 millions de Français, non, non, de petits pois, cela fait combien de repas à l’Elysée ?

1 commentaire:

claude Chapat a dit…

De Gaulle qualifiait les Français de veaux, il y avait au moins une référence au monde animal, aux vertébrés, un veau est un être vivant, qui peut donner des coups de pied ou des coups de cornes, ne pas oublier que sa mère est vache ! Mais là, nous traiter de petits pois, il nous prend vraiment pour des billes ! Attention Nicolas, parfois les petits pois sont rouges (de colère) !

Merci à François de détendre l’atmosphère, à force de ruminer nous allons devenir chèvre !